Les
Dessous De L'Histoire

Sous l'antiquité
- la zona : bande d’étoffe ceignant les hanches
- l’apodesmos : bande d’étoffe placée
sous les seins.
Terminologie libertine des dessous au Moyen Age : « Des
friponnes » ou « Tatez-y ».
Dès la fin du XIVème siècle,
la finesse de la taille est soulignée par des jupons
de laine, lin ou coton.
C’est Isabeau de Bavière qui, au XV ème
siècle introduit dans son corsage des fanons de baleine,
supplantés par l’acier au XIX ème siècle.

La rigidité des corsages, en contraignant le corps de
la femme provoquera à la fin du XVI ème siècle
des réactions d’indignement des médecins
- Ambroise Paré – qui s’inquiète du
port de ces armatures mortelles et –philosophe –
Montaigne qui évoque la torture subie par les femmes
dès leur enfance.
En Espagne apparaît la mode d’un jupon rigide cônique :
le vertugade ou vertugadin que la France modifiera en forme
de cerceau un siècle plus tard.
Sous Louis XIII, la robe « à la commodité »
comprenait trois amples jupes : « la modeste »
qui par ses fentes dévoilait ; « la friponne »
qui laissait deviner ; « la secrète ».
Les désirs naissaient au balancement de ces jupes car
« en marchant les femmes peuvent tout montrer et
ne rien laisser voir » (Balzac).
Vers 1750 : naissance du corps de baleine, ancêtre
de la « guêpière ».
Les hommes du XVII et XVIIIème siècle furent corsetés
par des « pourpoings » rigides et en 1840,
ils acceptèrent le laçage dans le dos qui leur
donnait un « maintien militaire ».
Après le réel bouleversement des époques
Directoire et Empire, la mode fait volte-face, le corset à
laçage connaît un règne absolu avec un délaçage
avec un système de poulies « dos à
la paresseuse » avec les œillets métalliques.
Dès 1883, les crinolines, les faux culs, perdent
leur tournure pour s’apparenter à des strapontins,
summum de l’élégance.
Vers 1890/1900, la minceur commençant d’être
la règle, l’étau du corset se fait plus
dur pour donner à la silhouette la ligne en S de l’Art
Nouveau.
A la même époque et début du XXème
apparaît le soutien gorge dont la paternité est
difficile à établir.
A l’exposition Universelle de 1900, Herminie Cadolle et
le Docteur Tylicka présentent chacune un modèle
de soutien gorge. Aux Etats Unis, une autre féministe,
Caresse Crosby met au point avec sa couturière française,
en drapant deux mouchoirs, un soutient gorge : le Backless
Bra.
A
partir de 1926, les formes se sophistiquent. En 1935, c’est
l’invention des bonnets profonds et soutien gorge « Uplift »
aux effets pigeonnants.
La « Chemise » et la Combinaison chemise
en lin ultra fin, en fine percale s’ornent de broderies
et de dentelles. A la fin du XIX ème , chemise et combinaison
sont réunies à une culotte.
A la même époque on assiste à
la naissance du strip-tease. Tout Paris courût assister
au « coucher d’Yvette » : au
son du piano, une dame en toilette de jour apparaissait dans
le décor d’une chambre et entreprenait de se déshabiller
avec lenteur.
L’ancêtre de nos culottes, le pantalon ou caleçon
illustre merveilleusement les fluctuations de la pudeur :
il est conseillé pour les promenades à cheval.
Pendant des siècles, on considéra qu’il
était plus moral de ne pas porter des pantalons sous
des jupes. C’est Catherine de Médicis qui passe
pour avoir initié les femmes au port du pantalon, on
l’appela « caleçon » ou plus
familièrement « brides à fesses ».
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N’oublions
pas qu’en 1898, une demoiselle fut condamnée à
huit jours de prison pour avoir parcouru à bicyclette la
distance qui sépare le quai Malaquais de la Place Saint-Germain,
les jupons retroussés, sans pantalon avec aux jambes de
simples chaussettes.
La
seconde guerre mondiale réduit les dessous au minimum.
Marcel Rochas invente en 1947 la guêpière.
Le mot « bas » est issu des « chausses »
en étoffe que les hommes comme les femmes portaient au
Moyen âge.
A la Renaissance, les chausses se séparent en Hauts de
Chausses et Bas-de-Chausses. Ces derniers maintenus sur les jarrets
par des « Jarretières ».
Lors de la Guerre de Cent ans, au cours d’un bal,
la Comtesse de Salisbury perdit sa jarretière… Edouard
IV d’Angleterre qui l’avait ramassée, conquit
par les charmes de la belle fût raillé par la Cour.

Piqué, le monarque créa en 1346/1347, « L’ordre
de la Jarretière » composé de 24 chevaliers
que seuls les hauts dignitaires, dont la Reine mère et
dames de haut rang pouvaient prétendre pour être
admises aux côtés de ces chevaliers.
« honni soit qui mal y pense » fut brodé
sur l’insigne de la «Jarretière Bleue »
par Edouard III.
En 1878, Monsieur Féréol Dedieu déposa le
brevet d’une fine ceinture équipée de jarretelles
pour suspendre le bas.
Dans le même temps, en 1877, Messieurs Haynes et Barbes
avaient déposés les « bretelles américaines ».
Alors qu’un conte polisson évoqué par Jean
Teulé dans son livre « les boutiques de notre
enfance » porte à croire que seul Gustave Eiffel,
inspiré par son audacieuse Tour Eiffel avait inventé
le porte jarretelle.
Matières
et Couleurs
Les dessous de nos ancêtres étaient fait de laine,
de chanvre, de lin ou linon.
Le coton n’apparaît qu’en 1291. Cotonnade :
calicots, basin, percale et satinette tissées dès
1580 à Lyon furent le nec plus ultra des trousseaux d’antan
jusqu’à la fin du XIXième siècles,
pour se passionner pour la broderie blanche ou anglaise qui naquit
en Angleterre au XVIIième siècle.
En France, glorifiée par Samuel Geymann dans les Vosges,
elle fut éclipsée par les broderies de Saint-Quentin
ou de Saint Gall (en Suisse).

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Nouvelles
Fibres
De nos jours, les chimistes élaborent des tissus aux vertus
quasi magiques susceptibles de nous protéger des agressions
matérielles (U.V., ondes, stress, …), et de nous embellir.
Les fibres en leur micro cellules peuvent emprisonner du parfum,
des défenses anti-microbiennes.
Le XIXième siècle allait accorder à la laine
et la soie, très peu utilisées pour les dessous du
fait de leur fragilité et de leur difficulté d’entretien,
une nouvelle grâce pour leurs effets thérapeutiques
vantées par le Docteur Jaeger et son confrère
le Docteur Rasurel.
Dans les années 20 et 30, satins, crêpes et jerseys
de soie sont les pus prisées dans la lingerie féminine,
même si la rayonne s’impose. Pendant des siècles,
les dessous furent blancs ou plutôt écrus car le blanc
pur, résultant d’un traitement n’existait pas.
La couleur était considérée comme impur. Le
jupon rouge fut utilisé pour la première fois par
la Reine Victoria afin de réveiller les ardeurs conjugales
quelque peu endormies du Prince Albert.
Documentation
« Les Dessous » de Marie Simon Editions
Du Chêne
« Histoires imprévues des dessous féminins »
de Cécil Saint-Laurent Editions Herscher
Musée de la Mode et du Textiles (107 Rue de Rivoli –
Paris 1er)Musée de la Mode et du Costume (Palais Galliéra
– Paris 8ième)
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